Témoins du passé, les espaces funéraires ont presque toujours existé et fasciné, nous, les êtres vivants qui pour nous rassurer avons le besoin d’exister après la mort. Le culte des morts nous a poussé à créer des nécropoles ou les tombes sont regroupées et sculptées selon les religions et les traditions. À travers ces lieux de repos éternels, les destins se racontent sur les épitaphes des pierres ou autres croix.
Considéré comme le plus ancien cimetière juif d’Europe, il est l’un des rares survivants des destructions opérées par le nazisme. Environ 2500 sépultures sont éparpillées dans le cimetière, dont la plus ancienne, celle de Jakob ha Bachur, datant de 1076. L’ancien cimetière revêt encore aujourd’hui une grande importance pour les juifs du monde entier. De nombreux érudits et rabbins juifs influents y ont été inhumés.
Une atmosphère incroyable se dégage de ce lieu mystique qui peut être visité de temps à autre.
Le plus célèbre des cimetières historiques de Londres, Highgate, vous transporte jusqu’à l’époque victorienne avec ses nombreuses tombes gothiques ou d’influence égyptienne. À cette époque les gens accordaient beaucoup d’importance à la cérémonie d’enterrement. La nature y est omni présente et recouvre la plupart des tombes et sculptures. Il y règne une ambiance vraiment particulière, digne d’un décor de cinéma.
On se rend cette fois dans la capitale allemande, un peu à l’extérieure de Berlin où se trouve le cimetière de Stahnsdorf, comme abandonné au milieu d’une forêt. C’est aussi l’un des plus vastes en Europe avec une superficie de 206 hectares. Fondé au début du 19ème siècle pour combler à la saturation des sépultures qui envahissaient Berlin, le cimetière était relié à la capitale directement par voie ferrée pour transporter les tombes avec ses ossements. On trouve encore les vestiges de ce rail, enfoui dans les bois mais aussi de nombreuses constructions et monuments éparpillés dans les allées du cimetière.
L’histoire de la communauté juive de Prague commence au 10ème siècle et très vite le manque de place, à la surface comme sous terre, commence à devenir un problème. Pour optimisé l’espace devenu rare dans le cimetière, les tombes sont mises côte à côte et même empilées jusqu’à 10 superposées.
Il y a environ 12 000 pierres tombales de différentes époques blotties pêle-mêle dans un espace très resserré, dont beaucoup sont décorées de symboles d’animaux et de végétaux dont tous sont des références à la religion, le nom ou la profession. Les allées de la nécropole sont étroites et tortueuses, les tombes ne sont plus que des blocs de pierres qui paraissent avoir jailli de la terre à certains endroits.
Le cimetière dit joyeux de Sapanta dans le Maramures, est surement le plus insolite de cette série. Ses croix colorées peintes à la main, directement inspirées du folklore local, plonge les visiteurs dans une atmosphère tout à fait inhabituelle. En effet, la mort, ici, y est célébrée de manière joyeuse.
Même si les couleurs chatoyantes et la légèreté des dessins rendent le lieu joyeux, les épitaphes des tombes nous rappellent certaines morts tragiques qu’a pu vivre le petit village.
Les villageois sont très attachés à ce lieu et le fleurissent régulièrement ce qui ajoutent encore à la multitude de couleurs du lieu.