Enserré de puissantes murailles et perché sur un rocher au cœur d’une immense baie rythmée par les marées, le mont Saint-Michel devient dès 708 l’un des plus grands centres de pèlerinage du Moyen Âge. Sur ce piton spectaculaire, les moines bénédictins ont façonné un véritable dédale de ruelles et de passages étroits menant, pas à pas, vers le sommet dédié à l’archange Saint-Michel. Les bâtiments monastiques forment un labyrinthe fascinant d’escaliers, de cryptes, de chapelles et de passages secrets, offrant aux visiteurs un parcours presque initiatique, aussi mystique qu’impressionnant, jusqu’au sommet du mont.
Né d’un rêve (ou d’une insistance un peu divine) de l’abbé Aubert au VIIIᵉ siècle, le projet d’installer un lieu de culte sur le Mont ne se concrétise réellement qu’au Xᵉ siècle, lorsque des moines bénédictins, courageux et manifestement peu sujets au vertige, y fondent une abbaye. Pendant près de deux siècles, le site est sans cesse remanié, entre incendies, tremblements de terre et chantiers successifs — preuve que même au Moyen Âge, rien n’était jamais vraiment « terminé ». Lors de la guerre de Cent Ans, entre le XIVᵉ et le XVᵉ siècle, la résistance héroïque du Mont face aux Anglais en fait un symbole fort de l’identité nationale. Abandonnée par les moines en 1790, l’abbaye connaît une nouvelle vie en étant finalement classée monument historique en 1874, passant ainsi de forteresse imprenable à chef-d’œuvre admiré… et très photographié.